Premier enseignement de l’étude menée par Gecina et l’Ifop * : l'IA n'est plus un sujet d'expérimentation. Elle est désormais pilotée au niveau stratégique : 60 % des entreprises ont déjà formalisé ou sont en train de formaliser une stratégie IA, et 65 % anticipent une transformation forte de leur organisation, de leurs métiers ou de leurs méthodes de travail d'ici trois ans.
Mais si l’intelligence artificielle bouleverse les façons de travailler, elle pourrait aussi clarifier le rôle du bureau. 73 % des dirigeants estiment ainsi que le développement de l'IA va faire évoluer le rôle du bureau, et près d’un sur deux perçoivent qu'il deviendra plus stratégique qu'aujourd'hui. À mesure que les outils d’IA prennent en charge les tâches répétitives, le bureau se redéploie sur ce que la machine ne fait pas : la coopération, la décision, la créativité collective et la transmission. Pour 85 % des dirigeants, le bureau de demain sera ainsi avant tout un lieu de coopération et de décision.
« L'IA ne signe pas la fin du bureau : elle le renforce sur les moments où la présence physique crée le plus de valeur : coopérer, décider, transmettre, innover et faire collectif », commente Beñat Ortega, directeur général de Gecina.
Des bureaux à repenser plutôt qu’à réduire
Une évolution qui ne sera pas sans conséquence sur l'immobilier tertiaire : 60 % des entreprises anticipent une modification de leurs besoins en bureaux, aussi bien en matière de surfaces, d’aménagements, de services que d’équipements. Toutefois, l’étude souligne qu’une réduction des surfaces n’est pas nécessairement à l’ordre du jour. À trois ans, seuls 9 % des dirigeants citent la diminution des surfaces comme un levier de réduction des coûts. L’enjeu semble plutôt être de repenser les bureaux pour les rendre plus utiles, mieux situés et plus qualitatifs.
Cette évolution pourrait aussi accentuer la polarisation du marché immobilier tertiaire. Près des trois quarts des dirigeants (74 %) anticipent en effet un écart croissant entre les bureaux bien situés, bien équipés, serviciels et flexibles, et les espaces plus standards.
Dans ce contexte, la qualité du lieu de travail devient un argument de recrutement à part entière. 78 % des dirigeants la considèrent comme un facteur clé d’attractivité des talents à l’ère de l’IA. Une proportion qui atteint même 86 % en Île-de-France.
Et les entreprises les plus avancées dans leur transformation numérique semblent aussi être celles qui placent la barre le plus haut pour leurs bureaux. 77 % des organisations disposant d’une stratégie IA formalisée et déployée anticipent une évolution de leurs besoins immobiliers, contre seulement 34 % de celles qui n’ont pas encore de stratégie IA, soit un écart de 43 points.
* Étude réalisée par l’Ifop pour Gecina auprès d'un échantillon de 502 dirigeants (PDG, DG, DAF, DRH) d'entreprises de 50 salariés et plus, interrogés entre le 19 mai et le 1er juin 2026 par questionnaire en ligne et par téléphone