À l'occasion de sa conférence annuelle Build, la multinationale a annoncé début juin le lancement du projet Solara, une plateforme destinée à alimenter des produits avec lesquels les utilisateurs pourraient principalement interagir via des agents d'IA. Le groupe parie sur un usage de l'intelligence artificielle qui passerait moins par les écrans d'ordinateur ou les navigateurs web, et davantage par des objets connectés — badges, terminaux de bureau, futurs « wearables » — appelés à devenir l'interface principale entre les salariés et leurs outils numériques.
Scout, un agent permanent dans Microsoft 365
Dans cette logique, Microsoft a annoncé le lancement de Scout, un assistant personnel intégré à l'écosystème Microsoft 365. Construit sur OpenClaw, une architecture open source dédiée au déploiement d'agents d'IA, Scout vise à automatiser les tâches chronophages : gestion des calendriers, rédaction d'ordres du jour, suivi des échéances. Plus l'utilisateur lui délègue de tâches, plus l'outil affine sa connaissance de ses habitudes de travail — une logique d'adoption qui n'est pas sans rappeler celle des assistants personnels grand public.
Des équipements dopés à l'IA pour les salariés
Microsoft a également présenté deux prototypes conçus avec les fabricants de puces Qualcomm et MediaTek. Le premier est un badge nouvelle génération doté d'un écran tactile, d'une caméra, d'un lecteur d'empreintes digitales et de connectivité Wi-Fi, Bluetooth et 5G. Il devrait permettre aux salariés d'interagir directement à la voix avec leur assistant d'entreprise, sans nécessairement sortir un ordinateur. Une simple pression du doigt suffit pour activer l'agent, enregistrer et transcrire une conversation, ou laisser la caméra capter ce que voit son porteur.
Le second est un terminal de bureau fixe, équipé d'un écran et d'un système de reconnaissance faciale pour l'authentification. À l'instar d'une enceinte connectée, il capte les instructions vocales de l'utilisateur pour exécuter des tâches comme la planification d'un agenda.
Reste à savoir si ces outils convaincront les entreprises, principales cibles de Microsoft, alors que la question du coût réel des IA agentiques s'installe dans le débat outre-Atlantique. S'ajoutent les interrogations sur les risques que font peser des agents autonomes mal maîtrisés. Pour rassurer les directions informatiques, Microsoft assure avoir intégré un système de conformité strict, chargé de vérifier en temps réel le respect des directives de sécurité.