L’appropriation des technologies d’intelligence artificielle est fortement corrélée au niveau de rémunération, au niveau d’études et à l’ancienneté des salariés. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le Financial Times auprès de 4 000 salariés aux États-Unis et au Royaume-Uni consacrée à l’usage de l’IA dans le monde professionnel et relayée par Courrier International. Les résultats suggèrent que les collaborateurs occupant les postes les plus qualifiés et les mieux rémunérés tirent davantage parti des outils d’IA générative, renforçant ainsi leur productivité et leur capacité à créer de la valeur. À l’inverse, les catégories de salariés moins qualifiées ou moins expérimentées semblent adopter ces technologies plus lentement. Pour le quotidien économique britannique, « la forte corrélation entre le salaire, le niveau d’éducation et l’utilisation de l’IA semble indiquer que cette technologie pourrait accroître les inégalités de revenus en renforçant la productivité des travailleurs les mieux payés ».
Un risque accru d’inégalités entre les femmes et les hommes
L’un des principaux enseignements de l’étude concerne la persistance d’un écart significatif entre les genres. Dans l’ensemble des secteurs observés – technologie, éducation ou commerce –, les hommes déclarent utiliser l’IA plus fréquemment que les femmes. Un résultat confirmé par Curto Millet, économiste en chef chez Google qui indique que les analyses internes du groupe montrent que les femmes sont environ 20 % moins susceptibles d’utiliser les outils d’intelligence artificielle que les hommes.
Les trentenaires expérimentés en première ligne
Autre enseignement notable de l’enquête : contrairement à une idée répandue, les plus jeunes salariés ne sont pas les principaux utilisateurs de l’IA. Ce sont en réalité les trentenaires avec le plus d'ancienneté qui constituent le profil type de l'utilisateur d'IA en entreprise. Ce qui, selon le Financial Times, laisse entendre que « l’IA pourrait se révéler plus utile à ceux qui possèdent déjà une expertise ».