Une étude publiée le 19 mai par l'Institut national de la statistique et des études économiques apporte une réponse chiffrée à une question qui agite les directions d'entreprise depuis la sortie de crise : le travail à distance nuit-il à la performance ? La réponse est non, à une condition près.

Depuis la généralisation forcée du télétravail pendant la crise sanitaire, la question de son impact sur la performance des entreprises n'a cessé de diviser dirigeants, DRH et économistes. Certains y voient un levier d'attractivité et d'engagement, d'autres redoutent une dilution du collectif et une perte de coordination. L'Insee vient de trancher dans une étude publiée le 19 mai, données à l'appui.

Une amélioration modeste mais documentée

Menée en partenariat avec le service statistique du ministère du Travail, l'étude de l'Insee conclut que les entreprises ayant déployé le télétravail durant la crise du Covid-19 et l'ayant maintenu au-delà ont enregistré une amélioration « modeste mais réelle » de leur productivité du travail.

Plus précisément, dans les entreprises non financières et hors immobilier, « une hausse de 10 points de la part de télétravailleurs est corrélée à un gain de 0,7 à 1,0 point de pourcentage de croissance de la productivité entre 2019 et 2022 ».

L'étude révèle également un facteur amplificateur : la configuration immobilière de l'entreprise. Les sociétés qui, avant la crise, louaient des bureaux distincts de leurs autres locaux de production ont eu davantage recours au télétravail en 2022 — 36 % de télétravailleurs en moyenne, contre 10 % pour les autres — et en ont tiré un bénéfice plus marqué.

Pour ces entreprises, une hausse de 10 points de la part de télétravailleurs se traduit ainsi par une amélioration de 2,7 points de pourcentage de la croissance de la productivité entre 2019 et 2022. Cette configuration des locaux aurait ainsi facilité la réorganisation du travail à la sortie de la crise, en permettant une transition plus fluide vers des modes hybrides structurés.

L’étude pointe toutefois un bémol : le gain de productivité diminue lorsque la part de télétravailleurs dépasse 20 % de l'effectif.