Face aux températures exceptionnelles enregistrées depuis le début de la semaine, le réseau de froid urbain qui alimente une grande partie des tours de La Défense est soumis à une pression inédite. À tel point que, dès jeudi, certains immeubles pourraient ne plus bénéficier d'une climatisation optimale.

Sous l'effet de la canicule, le réseau de froid qui alimente une grande partie des tours de La Défense est mis à rude épreuve. Les réserves de glace s'amenuisent, faisant craindre une climatisation moins efficace dans le plus grand quartier d'affaires d'Europe. « On utilise plus de glace que ce qu’on a de temps pour la restocker dans la nuit », explique à l’AFP Olivier Flexk, directeur de la société Idex, qui exploite la centrale de froid urbain de Courbevoie. L'une des principales usines alimentant le quartier d'affaires tourne à pleine capacité depuis lundi. Malgré cela, elle ne parvient plus à répondre à la demande exceptionnelle. « La température va être dégradée, les équipements ne sont pas dimensionnés pour de telles chaleurs », prévient le dirigeant.

La centrale atteint des niveaux de production qu'elle n'avait plus connus depuis 2019. Face à cette situation, certains employeurs du quartier d’affaires ont déjà invité leurs salariés à privilégier le télétravail afin de limiter l'occupation des bureaux.

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7,5 °C contre 4,5 °C habituellement

Inaugurée en juillet 2007 à Courbevoie, la centrale exploitée par Idex produit de l'eau glacée à 4,5 °C, selon un fonctionnement comparable à celui d'un réfrigérateur. Répartie sur trois niveaux et 6 000 m², elle constitue, avec une capacité de stockage de 240 MWh, la plus importante installation de ce type actuellement en service en Europe, selon l'entreprise. Son fonctionnement repose sur d'immenses bassins où sont stockés des blocs de glace, utilisés comme réserve d'énergie pour absorber les pics de consommation lors des épisodes de forte chaleur. L'eau glacée est ensuite acheminée sous pression à travers plusieurs kilomètres de canalisations jusqu'aux immeubles raccordés, où elle alimente les réseaux de climatisation.

Mais avec des températures exceptionnellement élevées, ce système atteint aujourd'hui ses limites. La glace est consommée plus rapidement qu'elle ne peut être reconstituée durant la nuit. Résultat : dès jeudi, l'eau distribuée pourrait ne plus être refroidie qu'à 7,5 °C, contre 4,5 °C habituellement, réduisant l'efficacité du rafraîchissement dans les tours.