Cette publication intervient dans un contexte de fortes tensions pour le secteur de la construction, marqué par l’accélération du changement climatique, les faiblesses des infrastructures numériques et la montée en puissance de la cybercriminalité. Rien qu’en 2024, plus de 150 événements climatiques extrêmes ont généré près de 1 600 milliards de dollars de pertes à l’échelle mondiale, confirmant que la résilience physique et électrique est désormais au cœur de la performance des actifs immobiliers. « L'environnement bâti ne se résume plus au béton et à l'acier ; c'est un écosystème numérique. Nos données montrent que nous entrons dans une ère où la valeur d'un bâtiment est intrinsèquement liée à sa capacité à rester connecté pendant une crise », explique William Newton, CEO de WiredScore.
Parallèlement, la cybercriminalité pourrait coûter 23 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2027, tandis que 75 % des organisations exploitent encore des systèmes de gestion des bâtiments présentant des vulnérabilités connues. Et malgré une forte montée en puissance de la demande en automatisation, seuls 5 % des locataires sont parvenus à déployer l’IA à grande échelle, principalement en raison des contraintes liées aux bâtiments.
L’indice s’appuie sur trois piliers : la résilience physique, la résilience numérique et la cyber-résilience, évaluant respectivement la continuité opérationnelle des bâtiments en cas de perturbations environnementales, techniques ou liées à l'alimentation électrique, la fiabilité et l’évolutivité de leur connectivité, ainsi que leur niveau de protection face aux cybermenaces.
Des écarts marqués entre régions
Côté résultats, c’est Chicago qui se classe en tête de l’édition 2026, suivi par Singapour, Dubaï et Madrid. À l’échelle régionale, les villes d’Asie-Pacifique (APAC) et du Moyen-Orient affichent les meilleures performances. À l’inverse, l’Europe et l’Amérique du Nord présentent des résultats structurellement plus faibles. En Europe, le parc immobilier vieillissant continue de nuire à la résilience numérique, tandis que la cyber-résilience est souvent compromise par la lenteur des propriétaires à adopter des mesures de défense ou par la fragmentation des politiques gouvernementales régionales. « L’étude Insights 2026 de WiredScore montre que la France dispose de bases solides en matière d’infrastructures numériques et de cadre réglementaire, mais que ces atouts ne se traduisent pas encore pleinement dans la performance réelle des bâtiments. Paris se classe aujourd’hui 18ᵉ sur 20 villes mondiales en matière de résilience, ce qui révèle un décalage entre ambition et réalité opérationnelle », commente Natalia Turkiewicz, directrice business development – France, Belgique et Luxembourg.
L’indice met enfin en évidence un déficit global de cyber-résilience, notamment dans les technologies opérationnelles, qui concentrent désormais 50 % des cyber incidents alors que seule la moitié des bâtiments intelligents procèdent aux évaluations annuelles nécessaires pour limiter ces risques.
Il alerte également sur le risque d’obsolescence accélérée des bâtiments : alors que 40 % des logiciels d’entreprise devraient être basés sur l’IA d’ici fin 2026, les actifs incapables de fournir la puissance électrique et la connectivité nécessaires pourraient rapidement être dépassés.