Depuis quatre ans, les entreprises débattent de productivité à distance, de droit à la déconnexion, de jours de pré­sence obligatoires. Mais un sujet de fond reste en suspens: que fait-on du collec­tif? La question est loin d'être anodine. En 2019, 4 % des salariés français télé­travaillaient régulièrement. Aujourd'hui, on approche les 25 %. Une transforma­tion massive, imposée par la crise sani­taire puis cristallisée en norme, avec ses angles morts. Car le lien social qui se tis­sait naturellement dans les couloirs ou autour d'un café ne se reconstitue pas en visioconférence. Ça, les entreprises l'ont bien compris. Découvrez l’édito du n° 329 (Avril 2026) de Workplace Magazine.

Certaines tentent alors de resserrer la vis. Stellantis, Société Générale, Leboncoin ... Les annonces de retour au bureau se sont récemment multipliées dans la presse. Mais la méthode interroge. Imposer la présence sans lui donner de sens, c'est prendre le risque de générer de la frustra­tion sans recréer de cohésion. Et ignorer ce que les salariés demandent avant tout: de la flexibilité. Sauf que cette flexibilité tant désirée, laissée à la seule discré­tion de chacun, produit un effet pervers : chacun optimise son agenda et plus per­sonne ne se retrouve au même endroit, au même moment. 

Alors que faire ? Comment recréer du collectif sans renoncer à l'autonomie ? Selon nos experts interrogés (voir page 26), la réponse tient en un mot : inten­tionnalité. Il ne s'agit plus de faire reve­nir pour faire revenir, mais de redonner au présentiel une utilité claire. Orga­niser la flexibilité, structurer un socle de moments collectifs, définir ce qui nécessite d'être ensemble ... Un chan­gement de posture qui exige de prendre - enfin - le temps d'un dialogue plus fin au sein des équipes, non sur les pré­férences de chacun, mais sur ce que le travail demande collectivement. 

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