Après une carrière dans la marine où il a développé sa sensibilité pour le service et l’esprit d’équipe, Bruno Deverre a intégré l’entreprise CGG dont il est devenu le directeur de l’immobilier et des services généraux, poste qu’il occupe depuis quelques mois chez Egis. Il œuvre à la consolidation de son équipe afin de mener à bien les projets en France et à l’international.

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Quel est votre parcours ?

En 2006, j’ai décidé de rejoindre le secteur de l’entreprise dans des fonctions de direction d’opérations. Je suis quelqu’un de très attaché à l’humain et j'ai toujours apprécié être au service des autres.

Que préférez-vous dans votre travail ?

J’aime être à la fois dans le feu de l’action et suivre des sujets de fond. Je suis dans l’opérationnel, au cœur des problématiques des collaborateurs avec la gestion des espaces bureaux et restauration. Mon métier me permet aussi de toucher à des sujets stratégiques de long terme. Je suis un cartésien et l’immobilier représente des investissements importants à fort impact financier et humain pour lesquels il faut élaborer des scénarios chiffrés. Ayant horreur de la routine, je ne peux compter le nombre de sujets en cours.

Quels sont vos projets actuels et à venir ?

Je suis en poste depuis seulement 6 mois, et pour le moment, le projet qui me tient le plus à cœur est la consolidation de mon département. J’assiste les recrutements, organise des séminaires, pilote l’implantation d’outils digitaux, etc.

Côté immobilier, nous sommes en cours d’étude de scénarios à court, moyen et long terme de réaménagements de la plupart de nos sites (Lyon, Toulouse, Bordeaux…) qui sont saturés en raison de la croissance du groupe. À Montreuil, nous sommes en train de conduire une expérimentation du passage à un environnement dynamique.

Comment décririez-vous l’environnement de travail idéal ?

Un environnement de travail idéal serait composé d’une variété d’espaces qui permettraient à chacun de trouver l’endroit qui lui va bien pour une tâche donnée, tout en prenant en compte ses spécificités. Je suis, par exemple, moi-même très peu adepte des poufs par terre qui accentuent mon mal de dos, ce type d’aménagement n’est donc pas adapté à tout le monde. L’espace de travail idéal serait aussi coloré. Les études psychologiques montrent que la variété de couleurs des espaces permet de stimuler successivement la créativité ou le calme. Aussi, je suis aussi un fervent défenseur de la machine à café qui est propice à la communication entre collaborateurs.

Par ailleurs, je demeure convaincu que le management reste central et essentiel pour le bien-être des salariés. Ce n’est pas parce qu’il y a un baby-foot dans les locaux qu’ils seront forcément plus efficaces dans leurs tâches, même si cela y contribue.

Plutôt open space ou bureau fermé ?

À titre personnel, mes fonctions m’ont toujours amené à bouger, je passe beaucoup de temps en salle de réunion. Cela ne me pose pas de problème de ne pas avoir toujours le même bureau, je me mets à celui qui est disponible. Plus généralement, les bureaux fermés, c’est non. Ce qu’il manque surtout dans les bureaux, ce sont des bulles bien dimensionnées pour pouvoir être seul ou se réunir avec 2 ou 3 autres personnes.

Quelle est la qualité que vous valorisez le plus chez vos collaborateurs ?

Je souhaite que quand il y ait un problème on puisse en parler immédiatement, pour chercher des solutions au plus vite. J’aime quand la communication est fluide, ce que j’essaye moi-même d’appliquer. La confiance et la transparence sont donc deux qualités très importantes pour moi. Il faut aussi avoir un esprit collectif et créatif.

Une fois que le collaborateur m’a fait part de son problème, j’attends souvent qu’il me propose des solutions.

Au contraire, quels sont les défauts qui vous déplaisent au sein de vos équipes, chez vos collègues ou vos supérieurs ?

En lien avec ma réponse précédente, je dirais le manque de franchise et l’individualisme qui sont, à mon sens, un obstacle à la collaboration. Dans la marine et plus largement dans l’armée, on est un ensemble, une équipe. Je garde cet état d’esprit : je ne me bats pas seulement pour Bruno Deverre ou mon département mais pour l’entreprise de laquelle je fais partie.

Comment vous voyez-vous en tant que collaborateur ?

Je pense être quelqu’un de plutôt à l’écoute et consensuel. De manière générale, les managers avec lesquels j’ai préféré travailler me faisaient confiance, sans imposer une pression trop lourde. Leur exigence avec eux-mêmes me poussait à me dépasser. J’adopte ce modèle et considère que mes collaborateurs sont conscients des enjeux.

Je pense être vu comme un teambuilder sans forcément être leader. Je suis plutôt introverti, ce qui ne m’empêche pas de faire des blagues à des réunions sérieuses tout en restant rigoureux ce qui peut parfois surprendre. En somme, je suis sérieux sans me prendre au sérieux.

Quelles sont les qualités indispensables pour exercer votre métier ?

Il faut sans aucun doute avoir le sens du service, être à l’écoute et aimer les challenges. Du fait des nombreuses missions qui s’accumulent dans la journée, il est nécessaire d’être organisé et réactif. Avoir un côté imaginatif peut aussi aider pour trouver des solutions rapidement.

Enfin, l’immobilier représentant un très gros poste de coûts, il faut avoir une appétence pour l’optimisation des budgets.

Comment le Covid a modifié la pratique de votre travail ?

Les différents confinements ont permis de casser l’idée reçue de certains managers que les collaborateurs ne travaillaient pas assez depuis chez eux.Le télétravail permet une certaine flexibilité dans le monde du travail mais aussi dans la vie personnelle.. On ne reviendra pas en arrière. En contrepartie, beaucoup d’entreprises ont perdu une partie de leur identité. Les visioconférences répétées ont parfois créé un silo plus marqué entre les fonctions et ne peuvent pas totalement remplacer les discussions informelles de la machine à café.

Le Covid n’a pas révolutionné l’environnement de travail mais a permis d’accélérer le processus de formation. Même si de mon côté j’expérimente le nomadisme depuis 2006, je vois bien qu’il est aujourd’hui beaucoup plus facile de l’inclure dans son quotidien professionnel. Pour l’anecdote, je me souviens en 2007 être allé au fin fond d’un port au Congo pour récupérer une petite connexion wifi lorsque je travaillais pour la marine. Cette histoire semble impensable aujourd’hui.

L’environnement de travail est aussi devenu un critère de recrutement. Certains employés peuvent ne pas rejoindre une entreprise parce que les espaces de bureaux ne sont pas adaptés aux nouveaux modes de travail.

Comment voyez-vous votre métier dans 10 ans ?

Dans 10 ans je serai peut-être à la retraite mais j’espère qu’il y aura toujours des bureaux, des lieux de travail communs. J’espère que les environnements de travail seront conçus pour inciter et faciliter le collectif. Je pense que le vrai défi c’est de flexibiliser et démocratiser les pratiques et les outils que nous avons développés jusqu’à présent.

Si vous n’aviez pas fait ce métier, qu’auriez-vous fait ?

J’adore la nature et les sports en extérieur. J’aurais pu devenir guide de haute montagne. Mais j’aime aussi bricoler, alors pourquoi pas entrepreneur. De manière générale, je suis plus manuel qu’intellectuel. Mon pire cauchemar aurait été d’être solitaire et de faire une thèse … ou même être moine contemplatif.