Les nouveaux bureaux de Swile dans le 9e arrondissement de Paris, pensés par Yemanja. Ici, tous les benchs ont été réalisés en plastique recyclé.
Lors d’une conférence intitulée « Réduire l’empreinte carbone de ses bureaux : par où commencer ? », Yemanja, spécialiste de l’aménagement tertiaire, est revenu sur le coût environnemental d’un aménagement. Constance Chappey, responsable RSE, a rappelé quelques chiffres en introduction. « Environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France proviennent du secteur du bâtiment, selon l’Ademe ». Avant d’énumérer les travaux par lot pour un aménagement dit « classique » pour Yemanja, soit des bureaux de 400 m² pour 40 personnes. « La moquette et le sol PVC vinyle représentent 4 tonnes d’émissions ; les cloisons vitrées toutes hauteurs avec montant aluminium, 31 tonnes cumulées. Si l’on ajoute la peinture, le plafond et les luminaires techniques, on arrive à 41 tonnes cumulées ». Enfin, le mobilier de bureau - comprenant des benchs, des sièges ergonomiques, des cabines acoustiques, du mobilier de salle de réunion ou encore une cuisine… - fait monter l’addition à 52 tonnes. « Soit un coût carbone total d’environ 130 kg CO₂eq/m² », conclut-elle. Cet indice a été établi à partir des données carbone de 30 projets Yemanja, croisées avec les bases de l’Ademe, du Ministère de la Transition Écologique et d’Inies.
Un coût divisé par deux
Toutefois, en optant pour certaines alternatives faciles à mettre en œuvre et sans surcoût significatif, il est possible selon Constance Chappey de réduire l'empreinte carbone de l'aménagement de 46 %. Parmi les leviers à actionner, on note la moquette reconditionnée et le sol en linoleum, dix fois moins émetteur qu’un PVC classique. Selon l’Inies, le liège présente par exemple un impact carbone de 0,5kg CO₂eq/m², contre plus de 13 kg CO₂eq/m² pour un revêtement PVC classique. « De la même manière, on peut opter pour des cloisons vitrées sur allège avec montants bois, plutôt qu’en aluminium toute hauteur », commente-t-elle.
Concernant le mobilier enfin, en privilégiant le reconditionné, le bois ou le plastique recyclé plutôt que le métal par exemple, il est possible de faire baisser de manière significative l’impact environnemental. Selon l’Ademe, une chaise en métal génèrerait en effet plus du double d’émissions carbone qu’une chaise en bois.
Résultat, avec toutes ces actions, le coût carbone du même aménagement de 400 m² passerait de 130 kg à 70 kg CO₂eq/m².