Selon un rapport de l'Ineris, des séances de ménage longues avec l'utilisation de plusieurs produits ménagers en même temps et couplées à l'absence d'aération immédiate du logement représentent un danger sanitaire.

Les risques associés à l'utilisation des produits ménagers sont aujourd'hui anormalement vérifiés. C'est en tout cas ce qu'estime l'institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) dans un rapport publié fin avril. Les chercheurs se sont intéressés aux concentrations en substances volatiles mesurées en 2013 lors du programme Adoq (activités domestiques et qualité de l'air intérieur).Le projet était décomposé en deux scénarios, l'un représentant les habitudes observées chez les particuliers pour faire le ménage, à savoir une séance hebdomadaire d'une heure trente avec aération manuelle après l'utilisation des produits, et l'autre, volontairement au-dessus de la moyenne, soit deux fois quatre heures de ménage par semaine, sans aération manuelle après le nettoyage.Deux substances d'intérêt prioritaireSi le premier scénario ne relève aucun risque sanitaire, le deuxième met en avant la présence d'un risque cumulé (multi-substances, multi-produits), et surtout un dépassement des valeurs de repères lors d'une exposition d'une heure pour l'acroléine et le formaldéhyde, deux substances devant faire l'objet d'une attention prioritaire selon l'Ineris, même si les dépassements peuvent être considérés comme de faibles ampleurs. Notons que le formaldéhyde est classé cancérigène par le Centre international de recherche pour le cancer (Cric).Le rapport préconise donc, en plus de la réduction à l'exposition de ces substances, l'application de règles de bonne pratique, à savoir notamment l'aération pendant et au moins dix minutes après l'utilisation des produits ménagers. L'Ineris précise également que la vigilance ne doit pas se restreindre aux produits ménagers, et que d'autres sources peuvent générer des expositions cumulées, notamment dans les matériaux de construction et de décoration et dans le mobilier. L'institut recommande des mesures complémentaires, entre autres sur les particules et composés organiques semi-volatils pour permettre de mieux caractériser les risques associés aux produits ménagers.

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