La fédération Syntec-Ingénierie lance un appel à la filière pour promouvoir l'enseignement scientifique et technique en France pour ne pas nuire à la croissance du secteur.

De son premier baromètre économique de l'ingénierie publié en ce début d'année, la fédération Syntec, qui regroupe les syndicats professionnels de l'ingénierie, mais aussi le conseil et la formation professionnelle, a tiré plusieurs bonnes et une mauvaise nouvelles. ¨Parmi les bonnes, le secteur est toujours dynamique, avec une croissance du chiffre d'affaires de 3 à 4 % par an, et les entreprises prévoient d'embaucher entre 50 et 60 000 collaborateurs par an, dont 9 000 créations de postes, entre 2018 et 2021, du fait des projets colossaux tels que le Grand Paris et le grand carénage des centrales nucléaires. De quoi faire pâlir d'autres domaines d'activité.Une formation tournée vers les nouvelles technologiesPourtant, et c'est la mauvaise nouvelle, la filière enregistre un manque à gagner de 500 millions à 1 milliard d'euros par an à cause d'un nombre insuffisant d'ingénieurs et techniciens. Selon le baromètre Syntec, sur les 33 000 techniciens formés chaque année en France, seules 14 000 sont disponibles, et 58 % continuent leurs études, soit un sous-effectif structurel de 2 à 4 %. Le président de Syntec-Ingénierie, Pierre Verzat, a appelé pouvoirs publics, organismes de formation et profession à "revoir de toute urgence l’offre de formation". La fédération milite d'ailleurs pour le lancement d'un programme de sensibilisation aux métiers de l'ingénierie liés aux nouvelles technologies, comme data scientist et BIM manager, qui représentent 58 % des créations nettes d'emplois identifiées par le baromètre.