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À quoi ressemblent les espaces de travail aujourd’hui à Paris ou à Singapour ? Quel est l’impact du Covid à Londres ou à Amsterdam ? Où et comment travaillerons-nous demain à San Francisco et Seattle ?... Autant de questions traitées cette année dans la nouvelle édition du baromètre Actineo, dont nous vous dévoilons les principaux résultats.

Comment travaillerons-nous demain dans les grandes métropoles ?

En partenariat avec Maison&Objet, Colliers et Sociovision, Actineo a interrogé plus de 2 600 salariés et indépendants de grandes régions métropolitaines dans le monde * sur leur rapport au travail. Comme à son habitude, le baromètre dresse tout d’abord un constat concernant les différents espaces de travail mis en place dans les entreprises. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les bureaux fermés font de la résistance ! Ainsi, 49 % des personnes interviewées travaillent toujours dans un bureau fermé (Paris 53 %, managers 56 %). Un chiffre qui grimpe — étonnamment — jusqu’à 57 % au pays des GAFA, mais qui peut s’expliquer par le fait que les répondants sont davantage des managers et des indépendants. On note également que 62 % des actifs tout à fait satisfaits de leur qualité de vie au travail travaillent dans un bureau fermé. Parmi les 51 % de répondants qui travaillent dans un espace ouvert (dont 26 % dans un open space de plus de 10 personnes, principalement à Londres et à Singapour), seuls 38 % sont très satisfaits de leur qualité de vie au travail. Quant au flex office, il était une réalité avant la crise pour 17 % des personnes interrogées, en particulier dans le secteur Amsterdam/Rotterdam/La Haye (30 %) où il y a davantage de travailleurs à temps partiel, et dans les grands groupes de plus de 1 000 employés (22 %).

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Quand on interroge les salariés des grandes métropoles sur leur bureau préféré, on s’aperçoit que le bureau fermé et le poste attribué semblent survivre à la pandémie… En effet, 89 % des premiers et seconds choix de postes de travail des répondants sont… des postes attribués. Sur le podium, on retrouve :

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  • un poste attribué dans un bureau fermé (50 %) ;
  • un poste attribué dans un petit bureau partagé (42 %) ;
  • un poste attribué dans un open space, avec des espaces privés et des espaces de réunion à proximité (35 %).

Seules 30 % des personnes interrogées opteraient pour un poste non attribué (en 1er et/ou 2e choix).

La méfiance des répondants envers le flex office reste forte, alors que l’on sait que ce mode d’aménagement et de travail va être de plus en plus plébiscité par les grandes entreprises. Le concept est souvent associé à la réduction du nombre de mètres carrés, surtout dans un contexte de crise économique où l’on parle beaucoup de rationalisation des surfaces immobilières. Or, le baromètre souligne qu’un projet sur deux de flex office ne s’accompagne pas de diminution des surfaces mais consiste en un réaménagement basé sur « l’activity-based working » avec l’ajout d’espaces de convivialité, de réunion ou de concentration. Soit un aménagement qui répond à la flexibilité à laquelle aspirent les salariés et indépendants. Une juste communication sur le sujet (voire sur la terminologie) s’avèrera primordiale sur les projets.

Télétravail : 2 à 3 jours par semaine

Parmi les sujets traités, le télétravail évidemment, qui cristallise toutes les attentions aux quatre coins du globe. S’il était déjà une réalité pour un quart des répondants avant la pandémie, il restait toutefois occasionnel (26 % des répondants français télétravaillaient depuis leur domicile, contre 16 % pour les londoniens). Le baromètre révèle que demain, les salariés souhaitent le pratiquer 2 à 3 jours par semaine. Ils estiment que le travail à domicile est bien perçu et encouragé par leur employeur à 67 % (59 % pour Paris), et qu’il est même très encouragé selon 24 % des répondants (32 % pour San Francisco et Seattle). Parmi ceux qui télétravailleront 2 jours ou plus par semaine, 55 % sont d’accord pour dire qu’il serait important d’y ajouter un tiers-lieu de travail. Les travailleurs aspirent à travailler de façon équilibrée à la fois dans les bureaux de leur entreprise et à leur domicile, voire dans des tiers-lieux qui pourront faire office de passerelle entre les deux. Finalement, ce à quoi les actifs au bureau aspirent surtout, c’est à un équilibre : entre vie professionnelle et vie privée ; entre travail en entreprise et télétravail pour une meilleure qualité de vie, davantage d’autonomie et de flexibilité.

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Le bureau : lieu de convivialité par excellence

Si le télétravail fonctionne, pourquoi retourner au bureau ? Voilà plus d’un an que pour de nombreuses personnes, les interactions sociales se limitent aux visioconférences. Ainsi, les échanges informels manquent : avec les collègues (41 %) et même avec les managers (26 %, Londres 30 %). Le Baromètre Actineo France 2019 le montrait déjà, les parisiens le confirment : les rapports avec les collègues sont qu’il y a de plus important dans l’Hexagone (45 %). 34 % des actifs, toutes aires géographiques confondues, espèrent aussi retrouver leur bureau pour avoir davantage de conversations professionnelles efficaces.

Parmi les autres raisons principales de retourner au bureau, on retrouve la volonté d’avoir un espace de travail séparé de leur sphère privée pour 39 % des répondants (San Francisco/Seattle 47 %, Singapour 45 %) pour maintenir des frontières claires entre vie privée et travail, mais aussi pour retrouver un espace parfaitement adapté à leur travail et bien équipé (33 %).

Satisfaction au travail : avantage pour les États-Unis

87 % des personnes interrogées pensent que leur(s) lieu(x) de travail dont ils disposent répond(ent) à leurs besoins (San Francisco/Seattle 91 %), même si seulement 29 % en sont tout à fait satisfaits (43 % pour San Francisco et Seattle, 21 % pour Paris). À l’item : « Mon employeur se préoccupe de mon bien-être », 81 % des travailleurs ont répondu d’accord, 29 % tout à fait d’accord, avec les records détenus par San Francisco et Seattle (respectivement 88 % et 43 %) et les scores les plus bas pour… Paris (respectivement 73 % et 18 %) ! Une satisfaction concernant leur environnement de travail qui est plus importante chez les managers et les jeunes de 19 à 35 ans.

Concernant les temps de travail, le baromètre Actineo révélait déjà en 2019 qu’ils posaient problème. Et bien c’est le cas dans toutes les métropoles. 61 % des répondants estiment passer trop de temps dans les transports pour se rendre à leur lieu de travail (Singapour 70 %) et un quart des répondants sont tout à fait d’accord avec cette affirmation (San Francisco/Seattle 31 %). De plus, 63 % déclarent travailler souvent en dehors des heures de bureau ou pendant leurs congés (San Francisco/Seattle 70 %, Singapour 69 %). Des résultats à mettre en regard avec le souhait d’avoir un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle : 79 % sont d’accord avec cet item (San Francisco/Seattle 83 %) et 30 % sont tout à fait d’accord (San Francisco/Seattle 47 %).

À quoi ressemblera l’espace de travail idéal ?

Le premier critère d’un espace de travail idéal, selon les interrogés, est de pouvoir s’isoler pour se concentrer dans des espaces adaptés (à 42 %). En deuxième lieu, les espaces de travail doivent favoriser le travail d’équipe avec des espaces pour se réunir, pour la collaboration (32 %) ; et le bien-être par un environnement où l’on se sente bien et en sécurité (santé et l’hygiène 33 %, présence de la nature 30 %, relaxation 22 %). Ce qui fera la différence, c’est de proposer aux collaborateurs un environnement écoresponsable et durable (26 %), éthique (21 %), des espaces qui encouragent la créativité (21 %). Et, cerise sur le gâteau, les répondants souhaitent vivre une « expérience employé » à travers un décor qui a du sens et qui est évolutif (28 %).

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* Enquête réalisée en janvier et février 2021 auprès de 2 600 actifs à Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Londres et Paris pour l’Europe, Singapour pour l’Asie et San Francisco et Seattle pour les États-Unis.

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